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Le Plat de la Semaine:Elephant Soup
In African villages, a successful hunt means a share of fresh meat for everyone. After traveling in equatorial Africa one observer wrote, "...the gorge they all go in for after a successful elephant hunt is a thing to see -- once". (Mary Kingsley, Travels in West Africa, 1897.) There can still be more meat than can be immediately consumed, especially when there are no refrigerators or freezers, so a tradition of preserving meat by drying or smoking has developed throughout Africa. Dried meat, called biltong (similar to jerky) is often eaten as is. This recipe shows how dried meat can be used to make a soup or stew, similar to what is described in the quotation from Baker, below. (See also: Elephant.)
What you need
- one-half pound of biltong, or dried or smoked meat like beef jerky (the original recipe mentions elephant meat coated with salt and honey and dried in the sun)
- six to eight cups of beef broth or beef stock
- one cup of mirepoix [diced carrots, onions, celery and herbs sautéed in butter] (optional)
- two onions, finely chopped
- one cup shelled, roasted peanuts (or one-half cup peanut butter)
- one cup boiled chana dal (or any lentils or dried peas)
- one small leek, finely chopped
- one cup of Wumubu mushrooms (or any kind of mushrooms), (the original recipe says that Wumubu are "a type of black African mushroom")
- two tablespoons of butter
- salt, black pepper (to taste)
- one-half cup cream
What you do
- Wash the biltong or dried meat in hot water, and cut it into bite-sized pieces.
- In a large pot or dutch oven, combine the meat with enough cold water to cover it, and cook over a low heat for twenty to thirty minutes.
- Add the mirepoix and beef broth and simmer for two hours.
- Add the onions, peanuts, and dal (lentils), mushrooms, and leek. Cook until the dal are completely disintegrated.
- Adjust the seasoning. Add the butter and cream. Serve.
Recipe adapted from Exotische Gerichte: Rezepte aus der Orientalischen, Afrikanischen und Asiatischen Kueche by Werner Fisher, (Hugo Matthaes Verlag, Stuttgart, 1961). The original recipe also calls some good Madeira to be added along with the cream.
If possible, obtain real African biltong (from an international or African import grocery store). There are many websites with recipes telling how to make your own biltong. South Africans in particular are sensitive about comparing African biltong to American beef jerky.
Actu en Afrique
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28.07.10
Afrique >> Algerie Economie
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Après le socialisme et le libéralisme, le pays s’engage sur la voie du nationalisme. Mais l’économie souffre surtout de la défiance entre l’État et le secteur privé. Décryptage d’une politique économique en plein bouleversement.
Alger-Pékin : même politique ? On pourrait le croire, quand on sait que le Conseil des ministres algérien a décidé, le 24 mai, d’affecter 286 milliards de dollars (environ 228 milliards d’euros) à un plan quinquennal (2010-2014) d’investissements publics dans les chemins de fer, les routes, l’eau, mais aussi l’enseignement, les hôpitaux, ou encore la construction de 1,2 million de logements, 35 nouveaux barrages, 80 stades de foot, 400 piscines. Ce mégaplan succède à un autre de quelque 200 milliards de dollars (2005-2009), lui aussi consacré aux infrastructures, au premier rang desquelles l’autoroute est-ouest, qui a divisé par deux le temps de parcours entre la capitale et Oran.
Voilà près de 500 milliards de dollars en passe d’être injectés dans l’économie algérienne en dix ans. Un chiffre colossal pour un pays de 35,6 millions d’habitants. Après tout, la Chine, avec son plan de relance par les infrastructures de 485 milliards de dollars sur deux ans, n’a pas fait mieux, si on rapporte cet effort à la population qui en profite. Une juste façon de faire bénéficier les Algériens de la rente pétrolière, qui fournit 98 % des recettes en devises du pays et 75 % des recettes en dinars du budget de l’État ? Assurément. Une méthode garantie pour assurer à l’Algérie une croissance durable afin de préparer le temps où ses gisements d’hydrocarbures seront à sec, dans douze, vingt ou trente ans ? Pas sûr, car si la machine économique chinoise caracole à plus de 10 % en ce moment, l’Algérie a seulement affiché un petit 2 % au compteur en 2009, et son chômage des jeunes diplômés demeure massif. Les deux tiers des 3 milliards de dollars d’investissements étrangers en Algérie en 2009 se sont dirigés vers le secteur des hydrocarbures : le pays demeure « drogué» au pétrole.

La stratégie de « patriotisme économique », décrite par Hamid Temmar avant le remaniement ministériel du 28 mai, qui lui a coûté son poste de ministre de l’Industrie et des Participations, est pourtant limpide. D’abord, assurer à la croissance un socle solide, avec de l’argent sainement dépensé dans les infrastructures et les services publics : c’est en cours. Mais, premier bémol, « tout système fondé sur la réallocation administrative des richesses modifie les incitations des agents économiques dans le sens de l’improductivité, travers entretenu par l’esprit de rente qui reste largement dominant dans les comportements des acteurs », fait remarquer Ali Mebroukine, professeur en droit des affaires à l’École nationale d’administration.
Ensuite, le gouvernement entend stopper l’explosion des importations pour commencer à leur substituer des productions nationales, réorganiser les quelque 400 groupes publics en leur adjoignant des investisseurs étrangers pour 49 %, et remettre à niveau le tissu de plusieurs dizaines de milliers de PME trop familiales pour être compétitives : la loi de finances complémentaire (LFC) de juillet 2009 a organisé cette resucée de colbertisme.
Virage volontariste
À ceux qui, comme le Fonds monétaire international (FMI), s’inquiètent de ce qu’ils considèrent comme un retour du protectionnisme et de l’interventionnisme étatique, Hamid Temmar justifiait ainsi un tel virage vers le volontarisme : « La vocation naturelle de l’Algérie, c’est l’industrie, car nous sommes un pays relativement sec pour l’agriculture. Mais les investisseurs étrangers n’allaient pas dans les secteurs stratégiques pour y apporter leur savoir-faire. Nous devions aussi réagir au fait que l’Algérie importe 70 % de ce qu’elle consomme. De plus, il faut que les hommes puissent vivre et qu’il n’y en ait pas que pour les actionnaires. Notre désir est qu’au terme de notre programme les entreprises se prennent en charge et que l’État n’intervienne que pour assurer la régulation. »
De l’avis majoritaire, les deux mesures phare de la LFC de juillet 2009 étaient justifiées dans leur principe. Le rétablissement du crédit documentaire, qui oblige l’importateur à consigner en banque le montant de ce qu’il a acheté, et la suppression du crédit à la consommation autre qu’immobilier n’ont pas fermé les frontières, mais ils ont permis l’an passé de tasser légèrement, à 38,2 milliards de dollars, les importations, qui avaient bondi de 10 milliards en 2000 à 40 milliards en 2008. En revanche, les autres mesures de la LFC sont dangereuses, en ce qu’elles dissuaderont les investissements étrangers, sans lesquels l’Algérie n’améliorera pas sa compétitivité. L’obligation pour ceux-ci de céder la majorité du capital de la société créée à un acteur algérien et la suppression du rapatriement intégral des bénéfices font peur.
« Le résultat de la panique gouvernementale provoquée par la chute des cours du pétrole de la fin de 2008, et qui a inspiré ces mesures, c’est qu’on est passé d’un extrême à l’autre ! commente Omar Belhouchet, directeur du quotidien El Watan. Nous étions dans un système ultralibéral qui permettait des bénéfices faramineux. Nous sommes revenus au dirigisme et à la volonté de tout verrouiller. Il faut pourtant accepter que le secteur privé réussisse avec ses hommes et ses femmes qui se défoncent pour leurs projets sans attendre d’instructions venues d’en haut comme dans le public. »

Vers le milieu des années 1990, l’Algérie avait pris le parti de tourner le dos au socialisme, qui avait débouché sur une impasse économique et la guerre civile. Les présidents Zéroual puis Bouteflika choisissaient alors de nettoyer les entreprises publiques en déconfiture et d’en finir avec les subventions qui maintenaient artificiellement des prix bas et meurtriers pour le budget de l’État. Le cap était mis sur la mondialisation : association avec l’Union européenne, participation à la Zone arabe de libre-échange.
Il semble que cette ouverture, à laquelle les rares sociétés algériennes capables d’exporter n’avaient pas été préparées, soit désormais terminée. Alger a demandé, le 15 juin, à renégocier l’accord avec Bruxelles, bien que les entreprises nationales ne parviennent pas à atteindre leurs quotas d’exportations. Des clauses de sauvegarde viennent d’être imposées aux importations en provenance du monde arabe et notamment d’Égypte, pour cause de concurrence déloyale. Mais les produits algériens ne sont compétitifs ni en prix ni en qualité. Ce qui fait ironiser un négociant marocain : « On vendrait même du sable aux Algériens… »
Mépris du privé
Que veut Alger ? Le capitalisme ? Le socialisme ? « Nous ne sommes pas socialistes et nous refusons le capitalisme, explique Slim Othmani, directeur général de l’entreprise Rouiba (agroalimentaire). Nous avons inventé un nouveau modèle : l’économie démagogique. Car les pouvoirs publics ne croient pas au secteur privé et préfèrent le public. Quand ils ont besoin d’un bouc émissaire, l’entreprise privée – qui a à peine 20 ans en Algérie – est toute désignée. Quand ils décident un changement de cap, ils ne nous consultent pas. Certes, nous n’avons pas su modifier l’image prédatrice qu’ils ont de nous, et nous avons notre part de responsabilité dans l’infantilisation dans laquelle on nous maintient. Mais il y a un mot qui n’existe pas dans notre économie, c’est “confiance” ! » « Le mépris du privé est tel, dit un observateur européen, qu’aucun ministre n’a assisté, le 12 mai, à l’inauguration de la plus grande usine d’Afrique de produits électroménagers, construite en partenariat par le sud-coréen Samsung et par le premier groupe privé algérien, Cevital, qui a financé seul le projet, à hauteur de 100 millions de dollars. »
Récapitulons les dégâts : la création d’une entreprise est un cauchemar ; les banques ne financent pas grand-chose en dehors des entreprises publiques ; 95 % des produits vendus en Algérie sont contrefaits. Les avis varient sur le poids du secteur informel ou illégal dans le produit intérieur brut (de 45 % à 75 %), mais personne n’en conteste la place à la fois essentielle et malfaisante : ces entreprises « clandestines » n’embauchent pas de diplômés et paient le moins cher possible leurs salariés.
Comment s’explique l’ostracisme officiel qui frappe l’initiative privée ? « La colonisation, qui nous avait tous cantonnés dans une classe inférieure, nous a donné le goût de l’égalitarisme, explique Youssef Ben Abdallah, professeur à l’École nationale supérieure en statistique et en économie appliquée (Enssea). Les riches ne pouvaient s’être enrichis qu’en collaborant avec les Français. Le programme de Tripoli de juin 1962 condamnait l’entreprise privée, et ce réflexe a perduré. Cela crée un blocage entre les niveaux macroéconomique et microéconomique. Chez nous, le gouvernement et le patronat s’aiment encore moins que dans le reste du monde !»

Absence de chef d’orchestre
Point d’État stratège en Algérie, pas de volonté longue comme dans le Japon des Meiji, ni de « croissance partagée » comme en Corée du Sud, où l’union de l’entreprise et du politique est sans faille. Mais « expectative, méfiance et versatilité », selon Youssef Ben Abdallah. « L’État est incapable de promouvoir une stratégie de la croissance reposant sur les facteurs immatériels, qui peuvent se révéler des accélérateurs ou devenir au contraire “absorbants”, affirme Rachid Boudjema, lui aussi professeur à l’Enssea. Ces facteurs sont la banque, la qualité du capital humain, l’intelligence du processus économique et les règles de management. » Il manque un chef d’orchestre, car « seul l’État peut mener à bien toutes les réformes ensemble et éviter que chacun des acteurs ne les fasse avorter en jouant à son seul profit », conclut Youssef Ben Abdallah.
Certains analystes sont très pessimistes. « L’entreprise, c’est l’argent, et l’argent, c’est le pouvoir ; dans les circonstances présentes, on ne laissera pas l’argent acquérir la moindre autonomie », déplore Abderrahmane Hadj Nacer, banquier d’affaires et ancien gouverneur de la Banque centrale. Avant d’ajouter : « Il n’y a aucune volonté de réformer le système bancaire, comme le prouve la cinquantaine de projets qui dorment dans les tiroirs. Les instruments économiques du pays ont été faussés, et l’informel règne en maître : ici, vous ne payez pas l’impôt, mais vous acquittez un droit de passage aux règles non écrites. Tout dépend, hélas, du pétrole : au-dessous de 75 dollars le baril, le gouvernement se lance dans les réformes ; au-dessus, il n’en est plus question. »
Le gouvernement a du mal à persuader l’opinion d’une situation macroéconomique florissante : PIB par habitant presque triplé en dix ans, atteignant 4 962 dollars en 2008, chômage ramené de 30 % à 10,2 %, dette publique brute divisée par dix, à 4,2 milliards de dollars, réserves de change de 150,2 milliards de dollars. En dépit des centaines de milliers de logements qui poussent comme des champignons et des 10 % ou 20 % d’augmentations salariales distribuées à la volée, les grèves et les manifestations sont légion, témoignant d’une insatisfaction de la population habituée à tout attendre de l’État et d’une incapacité des gouvernants à transformer la manne pétrolière en croissance, et donc en emplois.
Il devient urgent que ministres et patrons se mettent autour de la même table afin de définir les règles du jeu économique indispensables pour insérer enfin l’Algérie dans le concert économique planétaire. Et qu’ils se fassent confiance.



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28.07.10
Afrique >> Uganda
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Le Guide libyen n’a pas obtenu gain de cause auprès de ses frères, chefs d’État africains. Loin des débats sur l’évolution des institutions de l’organisation, terrorisme et justice internationale ont été au cœur du 15e sommet de l’Union africaine.
Le 15e sommet ordinaire de l’Union africaine (UA) s’est terminé ce mardi 27 juillet en fin de journée. La dispute sur l’évolution de l’organisation vers davantage d’intégration n’a finalement pas eu lieu. On s’attendait à une passe d’armes sérieuse entre les tenants du statu quo et les partisans de la transformation de la Commission de l’UA en une Autorité de l’Union (avec trois postes de ministres). Mais, au grand dam de Mouammar Kaddafi, qui porte la bataille du changement, la discussion – pourtant inscrite a l’ordre du jour – a été reportée sine die.
Le président en exercice de l’UA, le Malawite Bingu wa Mutharika, a mené les échanges d’une main de fer. Ouvertement soutenu par certains participants et discrètement approuvé par la majorité silencieuse, il a décidé de ne pas prêter l’oreille au Guide libyen qui a tenté à plusieurs reprises de remettre la question sur le tapis.
En lieu et place de ce débat qui anime les sommets de l’UA depuis 2007, les chefs d’État africains ont évoqué longuement d’autres questions, davantage liées à l’actualité.
Non aux « deux poids - deux mesures » de la CPIConformément à l’opinion déjà fréquemment exprimée par certains chefs d’État du continent et par l’UA, le double mandat d’arrêt émis contre le Soudanais Omar el-Béchir a été condamné par la Conférence dans son document final. Qui argue que, loin de vouloir défendre l’impunité, l’UA estime qu’un processus bien défini incluant la consultation de l’organisation, doit être suivi quand des poursuites judiciaires de cette importance sont lancées contre un chef d’État dûment élu.
L’UA a également rejeté sans ambiguïté la demande de la CPI d’ouvrir un bureau à Addis-Abeba, brandissant le fameux fanion du « deux poids - deux mesures ». Pourquoi, ont-ils estimé, la CPI ouvrirait-elle un bureau dans la ville où siège notre organisation continentale, sans demander également d’ouvrir des représentations à Paris, Bogota ou Phnom Penh, par exemple ?
Renforcement de la lutte anti-terroristeSomalie, Aqmi… Deux semaines après les attentats qui ont ensanglanté Kampala, et au lendemain de la revendication par Al-Qaïda au Maghreb islamique de l’assassinat de l’otage français, Michel Germaneau, les dirigeants africains ont voulu exprimer clairement leur engagement contre le terrorisme et leur volonté de s’organiser pour lutter contre les milices Chaabab en Somalie, les groupes armés au Sahel et toute autre forme d’extrêmisme violent.
La veille, les bailleurs de fond – Américains en tête – avaient déjà décidé de collaborer encore plus activement avec le gouvernement fédéral de transition (TFG) à Mogadiscio et avec la force de l’UA en Somalie (Amisom). C’est également 2 000 soldats supplémentaires que certains États africains (Guinée, Djibouti) devraient envoyer, d’ici quelques semaines, en Somalie, portant le total des troupes à 8 000 hommes.
Ce 27 juillet, c’est la Mauritanie, particulièrement touchée par le phénomène Aqmi, qui a présenté une résolution condamnant le terrorisme tandis que l’UA a rappelé, dans un communiqué, qu’elle interdit le paiement des rançons, estimant que cela participait au financement du terrorisme.
Cap sur Malabo 2011
Le sommet de Kampala restera donc dans les annales comme celui où Kaddafi n’a pas réussi – malgré ses apartés et sa préparation minutieuse de l’échéance à N’Djamena, lors d’un sommet de la Cen-Sad (Communauté des États sahélo-sahariens) tenu fort à propos juste avant celui de l’UA – à emmener ses pairs vers les « États-Unis d’Afrique ».
Pour lui, rendez-vous est déjà pris à Addis-Abeba, où se tiendra la prochaine réunion, en janvier 2011, avant le 17e Sommet de l’UA qui, lui devrait avoir lieu en juillet 2011 à Malabo (Guinée équatoriale). C’est ainsi qu’en a décidé l’Afrique centrale, à qui revient le tour de présider l’organisation panafricaine.
L’Afrique australe terminera en effet sa présidence en juillet prochain quand le chef de l’Etat malawite, Bingu wa Mutharika passera la main. Avant lui, l’Afrique du Nord avait dirigé l’organisation, avec le Libyen Mouammar Kaddafi, qui avait lui-même succédé au Tanzanien Jakaya Kikwete pour l’Afrique de l’Est. L’Afrique de l’Ouest a eu la présidence sous le Ghanéen John Agyekum Kufuor, en 2007. Les sommets semestriels se tiennent systématiquement en janvier au siège de l’UA, à Addis-Abeba (Éthiopie) et, normalement en juillet, dans le pays qui tient la présidence en exercice.
Mouammar Kaddafi a bien tenté de faire adopter par ses pairs la décision de tenir les « sommets de juillet » dans son pays, à Syrte. Une proposition qui a été repoussée par la majorité des États membres. Ce qui ne l’empêchera pas d’abriter, respectivement en octobre et en novembre prochains, les sommets UA-Ligue arabe et UA-Union européenne. Jolis lots de consolation…
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28.07.10
Afrique >> Central African Republic
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Contraint, sous la pression de la communauté internationale et de son opposition, de reporter les élections présidentielle et législatives au-delà du terme fixé par la loi, le chef de l’État centrafricain ne décolère pas. « La balle n’est plus dans mon camp », dit-il.
Un grand hôtel en construction – financement libyen, entreprise chinoise –, un jardin public ombragé, un petit monument du cinquantenaire où trônent les bustes des six chefs d’État qui ont fait et parfois défait ce pays, une colombe de la paix posée sur un carrefour… Bangui, capitale la moins dotée du continent, revient de tellement loin que ces quelques réalisations récentes donnent au visiteur une impression de frémissement.
Il s’en faut de beaucoup pourtant pour que cette Centrafrique à l’impressionnant potentiel minier, forestier, agricole et hydrographique sorte enfin de sa léthargie. Et d’abord la stabilité intérieure. Annoncées pour avril, puis pour juin, les élections présidentielle et législatives ont été reportées sine die en attendant que leur financement et surtout leur environnement sécuritaire soient assurés : les rébellions du Nord ont toujours l’arme au pied, et les tueurs Tongo-Tongo de l’Armée de résistance du Seigneur venus d’Ouganda sévissent encore dans le quart sud-est du pays.
Au pouvoir depuis un peu plus de sept ans et confronté à des adversaires politiques à la fois déterminés et divisés (une guéguerre sur fond de parricide oppose l’ancien président Patassé à son ex-Premier ministre Martin Ziguélé), François Bozizé, 63 ans, se trouve désormais dans la situation paradoxale d’un chef d’État à qui la communauté internationale, l’ONU et même l’opposition ont demandé d’outrepasser les limites de son mandat constitutionnel. Un moment tenté par un passage en force à la burundaise (le président Nkurunziza vient d’être réélu malgré le boycott de ses concurrents), ce général du genre taiseux, protégé par une garde républicaine redoutée et qui a longtemps su avec habileté jouer du fait que ses ennemis le sous-estimaient, a dû se résoudre à repousser l’échéance. « Question de rapports de force, concède-t-il à regret, la Centrafrique ne peut pas s’offrir le luxe de se fâcher avec ses bailleurs de fonds. »
En attendant qu’une nouvelle date soit fixée – à la fin de cette année ou au début de la prochaine – le chef de l’État a reçu J.A. pour une explication de texte. Entretien recueilli dans la salle des ambassadeurs du Palais de la renaissance (construit sous Bokassa), à Bangui, le 5 juillet.
Jeune Afrique : Prévues au plus tard pour le 11 juin, les élections présidentielle et législatives ont été reportées, et votre mandat a été prolongé sine die. Quand auront-elles lieu ?
François Bozizé : Ce n’est pas à moi seul d’en fixer la date. L’opposition, la Commission électorale indépendante [CEI, NDLR] et la communauté internationale ont voulu ce report, alors que je souhaitais m’en tenir au délai fixé par notre Constitution. À elles de me faire des propositions, en tenant compte de leurs propres revendications : désarmement, démobilisation et regroupement des rebelles, bouclage de l’enveloppe financière, etc.
La date du 24 octobre avancée par la CEI n’est donc pas contractuelle.
Elle me semble prématurée. Il manque 7,5 millions de dollars au budget électoral, et le processus de désarmement, démobilisation et réintégration [DDR] n’est pas achevé, notamment dans l’Est, où sévissent les Ougandais de l’Armée de résistance du Seigneur.
Peut-on y croire pour cette année 2010 ?
Je ne peux pas me prononcer pour l’instant. Les problèmes que je viens d’évoquer et qui sont la cause d’un report que, encore une fois, je n’ai pas souhaité, devront être résolus auparavant. C’est une question de logique.
Vous pensez vraiment qu’une élection crédible aurait pu se tenir avant le 11 juin ?
Oui. Avec un minimum de bonne volonté de la part de chacun des acteurs et la mobilisation de nos forces de défense et de sécurité, je pense que c’était jouable. Mieux valait une élection moyenne que l’incertitude dans laquelle nous sommes.
Pourquoi refusez-vous la formation d’un gouvernement d’union réclamée par l’opposition ?
Je n’en vois pas l’utilité. Un gouvernement d’union pour quoi faire ? pour préparer les élections ? La CEI, organisme indépendant et paritaire, est là pour cela.
Êtes-vous satisfait du fonctionnement de la CEI ?
Elle fait son travail, tout le monde y est représenté. Je n’ai rien à lui reprocher.
L’opposition, elle, reproche à son président, le pasteur Joseph Binguimale, d’être un peu trop favorable à votre égard…
Binguimale est une personnalité neutre, qui vivait en France et n’a jamais appartenu à un parti politique. Il a été élu par ceux-là mêmes qui le critiquent aujourd’hui. Les statuts de la CEI l’obligent à décider de manière collégiale, et c’est ce qu’il fait. Dire que je contrôle la CEI est donc un pur mensonge. Je n’interviens que pour régler ses soucis d’ordre matériel. L’État centrafricain a déjà déboursé 3,5 milliards de F CFA [5,3 millions d’euros] pour le processus électoral. La communauté internationale, elle, n’a toujours rien donné, même après le report qu’elle a pourtant exigé.
Vous considérez donc que la balle n’est plus dans votre camp.
Exact. J’attends.
Quel type de campagne électorale allez-vous mener ? Agressive ? Sereine ?
Sereine, a priori. Sauf si le camp d’en face ne joue pas le jeu.
Qui considérez-vous comme votre principal adversaire ?
Aucun d’entre eux. Mon bilan parle à ma place.
Curieux, ce gentleman’s agreement qui semble exister entre vous et votre prédécesseur, Ange-Félix Patassé. Auriez-vous passé un pacte de non-agression avec celui que vous avez chassé du pouvoir il y a sept ans ?
Pourquoi voudriez-vous que nous nous affrontions ailleurs que dans les urnes ? Le contentieux qui nous sépare est une chose, les réalités du pays en sont une autre. Je le respecte en tant qu’ancien président et en tant que candidat, il me respecte en tant que chef de l’État en exercice, candidat tout comme lui. C’est la démocratie.
Vous vous êtes vus à plusieurs reprises depuis son retour à Bangui…
Quatre ou cinq fois, en présence de témoins ou en tête à tête. Ces rencontres ont permis de décrisper les choses. Mais il n’y a aucun pacte entre nous.
Martin Ziguélé est en revanche beaucoup plus pugnace à votre endroit. L’avez-vous rencontré ?
Pas depuis cinq ans. La dernière fois, c’était entre les deux tours de la présidentielle de 2005.
Pourquoi ?
Je n’ai pas senti qu’il ait cherché à me voir.
Et Jean-Jacques Demafouth ?
Je l’ai reçu à Bangui, à Libreville, à Dakar. Il y a quelques jours encore, nous nous sommes salués lors d’une réception à l’ambassade des États-Unis. Je suis quelqu’un d’ouvert, vous savez.
Vos relations avec la représentante en Centrafrique du secrétaire général de l’ONU, l’Éthiopienne Sahle-Work Zewde, qui préside le comité de pilotage du DDR et de la CEI, sont, dit-on, quelque peu tendues. Est-ce vrai ?
Nous avions de très bons rapports jusqu’à ce que cette dame milite ouvertement pour le report des élections. D’habitude, on reproche aux chefs d’État africains de ne pas respecter les Constitutions. Ici, on m’oblige en quelque sorte à la bafouer. Je trouve cela étrange.
En exigeant le départ des Bérets bleus de la Minurcat, dont 300 stationnent en Centrafrique dans la région de Birao, le président tchadien Idriss Déby Itno vous a mis devant le fait accompli.
C’est exact.
Ce n’est pas très fraternel de sa part…
Il est le chef de l’État d’un pays souverain. Je ne vais pas lui reprocher de veiller d’abord à ses propres intérêts. Pour le reste, nous poursuivons nos discussions avec M. Ban Ki-moon.
Lequel vient de vous interpeller de nouveau sur le cas de l’opposant disparu Charles Massi. Votre position à vous est la suivante : vous supposez que le colonel Massi a été tué à l’occasion d’un affrontement avec vos troupes. Mais vous n’en savez pas plus. C’est cela ?
Oui, c’est cela. Charles Massi a été l’un de mes ministres, la deuxième personnalité du gouvernement. Il en est sorti après le dialogue politique inclusif de 2009. Puis il a gagné la France pour rendre visite à sa famille. Et tout à coup, à ma grande surprise, j’ai appris qu’il était réapparu à la tête d’une bande armée du côté de la frontière tchadienne. Il a notamment revendiqué à trois ou quatre reprises l’attaque de la localité de Ndélé. Massi avait choisi le dialogue à coups de kalachnikovs. Une telle posture n’est pas sans risques, vous en conviendrez.
Peut-être n’auriez-vous pas dû l’écarter du gouvernement…
Personne n’est ministre à perpétuité.
Tant que le corps de Charles Massi n’aura pas été retrouvé, cette affaire risque de vous suivre…
Une fois encore, le choix des armes implique des conséquences que les concernés se doivent d’assumer. Parmi elles, il y a le risque de mourir au combat. J’ai moi-même été un rebelle, j’ai eu la chance de survivre. Je sais ce que c’est. C’est à pile ou face. Et puis, pourquoi ne parle-t-on pas des soldats, des officiers et des civils tués lors des attaques que Massi a revendiquées ? Ils n’intéressent ni les défenseurs des droits de l’homme ni la communauté internationale.
En mars dernier, votre ministre de la Sécurité a annoncé la découverte d’un projet de coup d’État fomenté, à l’en croire, par des partisans de l’ancien président Patassé. Depuis, plus rien. Où en est l’enquête ?
J’ai eu à en parler avec le président Patassé. C’est une affaire classée. Une séquelle du passé. No comment…
Plus récemment, en juin, le supermarché Rayan, la plus grande surface de vente de Bangui, a été dévasté par un incendie que vous avez qualifié de « crime économique ». Plusieurs personnes ont été arrêtées, notamment des avocats, dans le cadre de cette affaire. Pourquoi vous en êtes-vous mêlé ?
50 milliards de F CFA sont partis en fumée dans le centre de la capitale et vous voudriez que je reste les bras croisés ? Cela dit, que l’on me comprenne bien : je n’ai jamais déclaré qu’il s’agissait là d’un attentat politique. C’est un crime de droit commun.
La loi de programmation militaire prévoit une augmentation des effectifs de l’armée centrafricaine de 6 500 hommes aujourd’hui à 10 500 en 2013. Comment espérer sécuriser un territoire plus vaste que celui de la France avec 10 000 hommes ?
C’est peu, effectivement. Mais nos moyens sont faibles. L’important est que cette armée soit de mieux en mieux formée, de plus en plus professionnelle. C’est l’objectif de cette loi.
Vous avez conclu en avril avec la France un nouvel accord de coopération militaire du type de ceux que Paris a signés avec le Gabon, le Sénégal et le Bénin. Désormais, en cas de crise intérieure, l’armée française n’interviendra pas…
Tout à fait.
Et en cas de réédition de l’offensive rebelle de 2007 sur Birao par exemple, la France n’enverra plus ses paras et ses Rafale à votre secours.
C’est à discuter, dans la mesure où l’agression dont vous parlez est venue d’un pays voisin. Mais je pense que même dans ce cas, la France n’interviendra pas.
Où en sont vos relations avec la société française Areva, à laquelle vous avez concédé il y a trois ans l’exploitation de la mine d’uranium de Bakouma ?
La phase d’exploitation en tant que telle devrait commencer à la fin de 2010. Pour l’instant, hormis quelques subventions prévues dans notre accord et quelques centaines d’emplois locaux créés, il n’y a pas encore eu de retombées financières pour le Trésor.
Quels revenus espérez-vous en tirer ?
Je l’ignore pour l’instant.
Trois ans après, toujours rien. C’est un peu lent, non ?
Oui. Et je le regrette. Mais je suppose qu’Areva sait ce qu’il fait. C’est une société de réputation mondiale.
Quand avez-vous rencontré le président Sarkozy pour la dernière fois ?
En juin, à Nice, lors du sommet Afrique-France.
Avez-vous parlé des élections ?
Non. Discussion purement protocolaire et amicale.
Lorsque votre adversaire Martin Ziguélé est reçu à la cellule africaine de l’Élysée, cela vous choque ?
La cellule africaine de l’Élysée reçoit tout le monde, c’est son job. L’important, c’est de faire la part des choses. Et notamment de savoir que notre opposition est une opposition manipulatrice, qui excelle dans l’intoxication et la désinformation.
La Centrafrique a 50 ans. Qu’y a-t-il à célébrer ?
La démocratie, l’absence de prisonniers politiques, la liberté de la presse, le retour progressif d’une diaspora désireuse d’investir au pays, des cadres de mieux en mieux formés : tout cela n’est pas rien.
Et le négatif ?
Nous en sommes tous responsables, civils et militaires, politiciens et officiers. Nous n’avons pas su prendre en main notre destin ; l’égoïsme et la méchanceté ont pris le pas sur le patriotisme. Tous, à un moment ou à un autre, nous avons failli.
La France a joué un rôle majeur en Centrafrique au cours de ce demi-siècle. N’est-elle pas elle aussi responsable de ce gâchis ?
La France est un pays étranger qui, au pire, n’a fait qu’exploiter nos propres faiblesses. Il ne dépendait que de nous qu’elle ne se mêle pas de nos affaires.
Ange-Félix Patassé estime que c’est lui qui a installé la démocratie. Êtes-vous d’accord ?
C’était une démocratie de bagarres permanentes, ponctuée de mutineries et de tentatives de coups d’État. Rien à voir avec ce que nous constatons aujourd’hui.
La mort d’Omar Bongo Ondimba a laissé un vide en Centrafrique, où il occupait une place déterminante de médiateur et de modérateur entre le pouvoir et l’opposition. At-il été remplacé dans ce rôle ?
Son fils, le président Ali Bongo Ondimba, lui a en principe succédé en tant que médiateur. Nous pourrons toujours le solliciter s’il y a problème. Mais il faut reconnaître que tout cela en est encore au stade des balbutiements. Tout le peuple centrafricain regrette le doyen Bongo.
Le président tchadien, Idriss Déby Itno, vous apporte-t-il toujours un appui militaire ?
Une quarantaine d’éléments de sécurité tchadiens sont présents ici à la présidence.
Dans le cadre de l’affaire Bemba, la Cour pénale internationale [CPI]peut être amenée à s’intéresser au cas Patassé. Quelle est votre position ?
Cela regarde Patassé et la CPI. Pour l’instant, Ange-Félix Patassé est un citoyen centrafricain comme un autre, libre de ses mouvements.
Et si la CPI vous demande de coopérer avec elle, voire de lui livrer l’ex-président ?
Lui-même a déclaré qu’il était prêt à répondre de ses actes au cas où. Il n’y a donc pas, a priori, de problème.
Quand la Banque des États de l’Afrique centrale (Beac) va-t-elle enfin sortir de la tourmente ?
Lors du sommet de Brazzaville, en juin, nous avons accordé au nouveau gouverneur équato-guinéen ce qu’il demandait. Son entourage a été expurgé des éléments qui, semble-t-il, ne respectaient pas son autorité. Laissons-le travailler.
En attendant, le FMI a suspendu tout décaissement via la Beac. Notamment ceux qui vous étaient destinés…
Effectivement. Nous sommes une victime collatérale d’un problème qui ne nous concerne pas, puisque nous avons rempli toutes nos obligations à l’égard du Fonds. Le FMI reproche à la Beac, par laquelle transite l’argent, de ne pas être claire. Une mission a été dépêchée à Washington pour résoudre cet imbroglio.
Est-il vrai que les Centrafricains sont nostalgiques de l’époque Bokassa ?
Je n’irai pas jusque-là. Mais il faut reconnaître que Bokassa est celui qui a le plus bâti dans ce pays.
Vous vous représentez pour un mandat de cinq ans qui, en principe, sera le dernier. Souhaitez-vous que la Constitution soit modifiée pour vous permettre d’aller au-delà ?
Comme vous y allez ! Je ne suis pas encore réélu et vous me parlez de jouer les prolongations. Votre question est sans objet.
Comment imaginez-vous la Centrafrique dans vingt ans ?
Je rêve d’un pays désenclavé avec des aéroports, des voies ferrées, des routes, des hôpitaux, des écoles, enfin engagé sur la voie du développement accéléré.
Il vous faut un plan Marshall…
Sans doute. Mais avec notre uranium, notre or et peut-être demain notre pétrole, si notre bataille juridique contre la compagnie américaine Grynberg Petroleum est enfin gagnée, ce n’est pas impossible.
Ou alors un mégaprêt chinois à la congolaise ?
Nous n’avons pas encore eu cette chance.
Vous arrive-t-il de prendre des vacances ?
Non. Deux ou trois jours de repos parfois, sans plus. Pas le temps.
Vous êtes-vous enrichi depuis votre accession au pouvoir ?
Le pays est si pauvre. Avec quoi pourrais-je m’enrichir ?
Dieu est-il à vos côtés ?
Sûrement.
Ange-Félix Patassé pense la même chose en ce qui le concerne. Il ajoute que c’est Dieu qui, une nuit, lui a ordonné de revenir à Bangui pour sauver la Centrafrique.
[Sourire] S’il le dit…
Il semble parfois que Dieu ait oublié la Centrafrique.
Ce n’est pas sa faute, mais celle des hommes. Le premier devoir que Dieu a donné à l’homme, c’est de travailler. Or, tout pousse ici, il suffit de se baisser. Si notre production de coton a chuté de 100 000 tonnes par an à 3 000 t en un quart de siècle, c’est de notre responsabilité. L’aide de Dieu se mérite. Aucun peuple n’a réussi sans travail. Kwa na kwa : « Le travail, rien que le travail… »
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28.07.10
Afrique >> Diaspora Africaine
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Le cinquantenaire des indépendances interpelle aussi les artistes. Pour célébrer l’événement à leur manière, des humoristes d’origine africaine ont proposé à jeuneafrique.com de petits sketches vidéo. Avant de partir sur le continent présenter son « one-man-show », l'humoriste Phil Darwin s'est prêté au jeu.
Sourire facétieux jusqu’aux oreilles, yeux rieurs et tenue décontractée, Phil Darwin est dans la vie comme sur scène : simple, direct et…drôle. « Je me présente, je m’appelle Phil Darwin et je viens d’Afrique ! », lance-t-il devant notre caméra.
C’est ainsi également que débute son spectacle, qu’il a présenté au printemps dernier au théâtre Traversière, à Paris. Pour son premier « vrai » one-man-show, l’humoriste congolais a choisi de moquer les travers de tous. L’occasion de taquiner toutes les communautés, « rebeus, renois et reblancs », et de décrypter, avec une bonne dose d’autodérision, les relations de couple, la question de l’intégration et les soubresauts de l’actualité. « Il ne faut surtout pas se taire. Par la comédie, j’essaie d’appréhender le débat sur la burqa ou sur les minarets d’une autre manière », dit-il.
Pendant toute la durée ce son show, il va tour à tour se glisser dans la peau d’un voyageur maghrébin qui négocie son excédent de bagages à l’aéroport, d’une midinette africaine qui refuse de payer l’addition au restaurant et d’un jeune Blanc amoureux.
Congo, France, AlgériePhil Darwin s’applique à dénoncer les idées reçues. Lui-même ne se réduit pas à quelques clichés. Fils de diplomate, il confie avoir « grandi dans une tour d’ivoire » et beaucoup voyagé, au gré des mandats de son père. Aujourd’hui, il porte en lui trois pays : la France, l’Algérie, le Congo. Arrivé dans l’Hexagone à l’âge de 4 ans, en 1981, il en repart cinq ans plus tard pour rejoindre l’Algérie. De l’école primaire au collège, c’est là qu’il découvre l’ivresse des planches et commence à caresser le rêve de devenir le « Eddy Murphy africain ». Cette passion ne le quittera plus. Mais comme son père veut qu’il passe le concours de l’ENA, il choisit des études de management afin de devenir producteur dans la comédie, « un bon compromis ». En 2002, il teste auprès de ses amis ses premiers sketchs. « Quand une fille me plaisait, je regardais d’abord si elle avait des talons ! Je me suis lancé le défi d’écrire sur ma petite taille et je me suis produit lors de spectacles gratuits. » Bien sûr, il n’oublie pas le Congo-Brazza, où il est né et où il a subi la guerre, à 19 ans. « Une pluie de bombes qui frappaient au hasard. Nous avons vécu une période sombre, d’une extrême violence. »
Mais c’est finalement en France que Phil Darwin réside aujourd’hui. Au moment où il décroche un master de management à Paris, il entre en résidence dans une petite salle de la capitale, le théâtre Moloko, en compagnie de l’humoriste Mamane. « Il n’y a pas de discrimination à l’embauche dans notre métier, tout passe par le bouche à oreille. » Sa participation au côté de l’humoriste française Anne Roumanoff au spectacle Rire contre le racisme le conduit à se produire sur les grandes scènes parisiennes. Son souhait le plus cher ? Que la communauté congolaise vienne voir ses spectacles. « Au Congo, quand je disais que je repartirais en France pour devenir comédien, c’était la blague de l’année ! En Afrique, nous n’avons pas la culture du stand-up. » Aujourd’hui, il compte parmi les acteurs de la seconde saison de Toi-même tu sais, série consacrée à la santé des émigrés Africains. Et il retourne souvent dans le continent, où il donne des spectacles pour le compte d’associations humanitaires. Il projette d’ailleurs de présenter au Congo sa nouvelle pièce, Les Cauchemars du gecko, où il surprend dans son premier rôle dramatique. « Mon cœur est à l’Afrique », confie-t-il avec un sourire taquin.
En attendant, il présentera son spectacle le 26 juillet en Tunisie, lors du Festival international de Hammamet, puis le 22 août à Alger.
A partir du 14 septembre, il revient en France, tous les mardis au théâtre de la Traversière à Paris.
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28.07.10
Afrique >> Senegal
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Le fils du président sénégalais a été entendu par le Sénat, dans le cadre de la commission d'information sur l'attribution des licences téléphoniques à Milicom et Sudatel.
Énième rebondissement dans « l’affaire » des attributions de licences téléphoniques au Sénégal. Le Sénat – qui a mis en place une commission d'information sur l'attribution des deuxième et troisième licences de téléphonie mobile à Millicom et Sudatel, la société publique soudanaise – a procédé à l’audition de Karim Wade. Le fils du président, aujourd’hui ministre d’État, a été entendu en tant qu'ancien conseiller financier du chef de l'État sénégalais.
« Nous avons auditionné plus de dix personnes. Nous n'avons pas encore fini le travail. Notre rapport sera rendu public à la prochaine session en octobre », a déclaré mardi 28 juillet Daouda Faye, vice-président du Sénat et président de la commission d'information mise en place par l'assemblée.
De son côté, Karim Wade s’est montré coopératif : « C’est un devoir de venir répondre à l’une des plus hautes institutions de notre pays de façon à pouvoir éclairer la commission sur les différents processus d’attribution » des licences, a déclaré Karim Wade après son audition qui a eu lieu lundi, cité par l'Agence de presse sénégalaise (APS).
40 millions de dollars
L'affaire qui oppose l'Etat sénégalais à l'entreprise américaine Millicom n'en finit plus de rebondir. La renégociation du prix d'acquisition de la licence obtenue en 1998 s'est muée en scandale politique depuis que Karim Wade a été accusé d'avoir réclamé 200 millions de dollars au président du groupe en échange du maintien de cette licence. Des accusations démenties en avril dernier par Pape Abdoul Ba, président du conseil d'administration de Sentel, la filiale sénégalaise de Millicom.
Concernant Sudatel, dans un dossier publié fin avril, l'hebdomadaire sénégalais La Gazette affirmait que des « experts américains », des « lobbyistes arabes » et des « Sénégalais très haut placés dans les structures de l'État » s'étaient « partagés la rondelette somme de 40 millions de dollars dans le cadre de la vente de la licence » à la société publique soudanaise. Sudatel a acquis en septembre 2007 une licence globale de télécommunications (fixe, mobile, international et internet) après avoir versé 200 millions de dollars à l'État sénégalais.
(avec AFP)
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28.07.10
Afrique >> Benin
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Le candidat de l’Union fait la nation a sonné la charge contre le président Boni Yayi, attaqué sur un scandale financier.
Pas de doute, Adrien Houngbédji est entré en campagne pour l’élection présidentielle béninoise prévue en avril 2011. Et pas sur n’importe quel sujet. Le candidat de l’Union fait la nation (Un) a sonné la charge, le 16 juillet, contre le président Boni Yayi sur un scandale financier qui tourne à l’affaire d’État : les « Madoff béninois ».
Déclaration soigneusement rédigée en accord avec la direction de la coalition de l’opposition, lecture solennelle devant micros et caméras, l’avocat Houngbédji s’est transformé en procureur intraitable, estimant que le chef de l’État devait rembourser « de sa poche » les épargnants floués puis être poursuivi devant la Haute Cour de justice. On estime à plus de 100 milliards de F CFA (152 millions d’euros) l’argent collecté par une dizaine d’établissements proposant, en toute illégalité, des rémunérations à plus de 200 %. Les premiers servis, dès 2006, ont profité de ce système pyramidal. Les suivants ont tout perdu lorsque la bulle a éclaté.
Faire toute la lumière sur l'affaire
« J’ai listé des faits incontestables qui prouvent que la responsabilité du pouvoir est engagée », nous a expliqué le candidat de l’Un, faisant allusion à la lenteur avec laquelle les autorités se sont emparé du dossier et à l’audience que le président a accordée en janvier dernier à l’un des escrocs présumés, Guy Akplogan, d’ICC Services. « Cette audience a cautionné le business et a rassuré les épargnants. Ce n’est pas aux contribuables de les rembourser, et nous en tirons les conclusions politiques », ajoute Houngbédji.
Après avoir fait tomber des têtes, dont le ministre de l’Intérieur et le procureur général de la cour d’appel de Cotonou, placé en détention, et lancé des poursuites contre une dizaine de personnes, dont un cousin du président, le Palais de la Marina espère avoir « maîtrisé l’incendie sur le plan politique ». « Toute la lumière sera faite, mais il est sûr qu’il y a eu des complicités au sein de l’appareil de l’État », reconnaît un proche conseiller de Boni Yayi, qui assure que cette fameuse audience portait sur la microfinance – une activité dans laquelle Akplogan, philanthrope, voulait se lancer ! Pas sûr que cela suffise à calmer les épargnants ruinés et encore moins à apaiser la détermination de l’opposition.
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28.07.10
Afrique >> SA Actualites
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Trois ans après la diffusion d'un film amateur dans lequel ils humiliaient des employés noirs, des étudiants blancs de l'Université de Bloemfontein ont été jugés coupables.
Quatre Sud-Africains blancs ont été jugés coupables mardi 28 juillet d'atteinte à la dignité d'employés noirs de leur ancienne université, qu'ils avaient mis en scène dans une vidéo raciste en 2007. "Ils n'avaient pas l'intention de blesser les quatre femmes et l'homme filmés, mais ils se sont engagés volontairement dans le tournage", a estimé le juge Mziwonke Hinxa du tribunal de Bloemfontein (centre). "Nous les déclarons coupables des charges retenues contre eux", a-t-il ajouté, en reportant la décision sur la peine au lendemain mercredi.
Johnny Roberts, Schalk van der Merwe, RC Malherbe et Danie Grobler avaient tourné en 2007, alors qu'ils étaient étudiants à Bloemfontein, un film amateur destiné à montrer leur opposition à la mixité dans les résidences de l'université. A l'écran, ils humiliaient des employés noirs du campus lors d'une parodie de bizutage, notamment en les faisant boire dans des seaux où l'un d'eux avait apparemment uriné. Lors de l'audience, ils ont plaidé coupable d'atteinte à la dignité mais ont affirmé ne pas avoir uriné dans les seaux.
Mixité raciale
La diffusion de la vidéo, début 2008, avait suscité l'indignation dans le pays, rappelant que le racisme pouvait exister même dans les générations éduquées après la chute de l'apartheid.
L'université de Bloemfontein a été fondée il y a 105 ans au coeur du pays Afrikaner - ces descendants des premiers colons européens qui parlent une langue dérivée du Néerlandais. Après l'avènement de la démocratie multiraciale, en 1994, elle s'est ouverte aux étudiants noirs, qui représentent aujourd'hui 65% de ses effectifs. Mais chaque groupe racial a continué de vivre séparé. Pour forcer les étudiants à se connaître, l'équipe de direction a imposé la mixité raciale dans les résidences universitaires à partir de janvier 2008.
C'est cette décision qui avait déclenché la furie des auteurs de la vidéo raciste. La diffusion de leur film avait entraîné leur suspension de l'Université. Mais un an plus tard, un nouveau recteur noir, Jonathan Jansen, avait autorisé leur réintégration au nom de la réconciliation raciale. Sa décision avait ravivé le débat. Le parti au pouvoir, le Congrès national africain (ANC), lui avait reproché de faire passer les droits des accusés avant ceux des victimes.
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28.07.10
Afrique >> Diaspora Africaine
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Salman Rushdie s'est attelé à la rédaction de ses Mémoires, pour dire "sa" vérité, plus de deux décennies après la fatwa lancée contre lui par l'ayatollah Khomeiny.
Vingt et un ans après avoir fait l’objet d’une fatwa lancée par l’ayatollah Khomeiny à la suite de la publication des Versets sataniques, Salman Rushdie s’est enfin décidé à écrire sa propre version des faits dans ses Mémoires. Changeait-il de domicile tous les jours, comme la presse l’a prétendu ? Était-il interdit de vol par la compagnie British Airways ? « La seule manière de me débarrasser de toutes les conneries qu’on a dites sur moi était de raconter moi-même cette histoire », a déclaré récemment l’auteur, qui a déjà écrit 70 pages.
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27.07.10
Afrique >> Algerie Actu
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Malgré les centaines de milliards de dollars injectés dans l’économie grâce à la rente des hydrocarbures, le moral des Algériens est maussade. Emplois, croissance, investissements... Les chiffres sont bons mais la grogne sociale perdure. Le « patriotisme économique » décrété il y a un an peut-il redonner confiance à la population ?
Il y a un an, le 18 juillet 2009, entrait en vigueur la loi de finances complémentaire (LFC), dont les mesures ont profondément bouleversé la donne économique de l’Algérie. Après dix ans d’ouverture tous azimuts, de privatisations à tour de bras, de réformes structurelles et de politique libérale, le président Abdelaziz Bouteflika, réélu trois mois auparavant pour un troisième mandat, décidait de revoir profondément sa copie : réglementation contraignante des investissements étrangers, mesures pour réguler les importations, limitation du crédit bancaire… « Il ne s’agit pas d’un changement de stratégie économique, mais d’un réaménagement tactique », nuance un membre du gouvernement du Premier ministre, Ahmed Ouyahia. Quoi qu’il en soit, stratégie ou tactique, le terme importe peu aux yeux de l’opinion.
Contrairement aux partenaires et aux investisseurs étrangers, qui ont peu apprécié ce changement de cap, les Algériens sont moins gênés par la versatilité de la législation économique qu’obnubilés par l’amélioration de leurs conditions de vie. On peut les comprendre. Et la question de fond est finalement la suivante : comment vont les Algériens en 2010 ? Miloud Brahimi, ténor du barreau, infatigable militant des droits de l’homme, estime que ses compatriotes vont « incontestablement mieux, mais pas pour autant bien ».
L’injection massive de capitaux publics dans la réalisation d’infrastructures de base, le lancement de projets faramineux en matière d’habitat, de santé ou d’éducation ont certes contribué à améliorer la situation en matière de développement humain. Mais « la demande est si forte, les retards accumulés sont si importants, que l’amélioration demeure peu perceptible par les citoyens », poursuit Me Miloud Brahimi. Pour Hafida Brakni, architecte à Mostaganem (nord du pays), « l’habitat précaire représentait au début de la décennie près de 10 % du parc national de logements. La construction de plus de 2 millions de logements, couplée à la destruction de 150 000 d’entre eux dans les bidonvilles, a ramené ce taux à 5 %. Une performance considérable mais trop peu visible, car des bidonvilles enlaidissent encore nos agglomérations ».

Candidats à l’émigration
Durant la même période, le taux de chômage a été réduit aux deux tiers. Les salaires de la fonction publique ont été augmentés de 50 % en moyenne, avec une inflation contenue sous la barre des 5 %. Le parc automobile a été considérablement rajeuni, avec l’introduction de plus de 2 millions de véhicules. Partout ailleurs, des performances économiques similaires apaiseraient durablement le front social. Pas en Algérie.
La moindre distribution de logements neufs tourne à l’émeute. Les annonces d’augmentation des salaires sont accueillies par des grèves. La population universitaire a beau être estimée à 1,5 million d’étudiants, et le nombre de jeunes scolarisés évalué à plus de 10 millions, la rue n’évoque que les harraga (les « brûleurs »), ces candidats à l’émigration vers l’Europe qui risquent leur vie à bord d’embarcations de fortune. Slameur de génie, Lotfi Double Kanon explique que « le harrag ne fuit pas son pays, mais ses dirigeants ». Quitter l’Algérie à tout prix ne signifie pas que l’on ne l’aime pas. La fièvre nationaliste qui s’est emparée du pays après la qualification, en novembre 2009, de l’équipe nationale pour la Coupe du monde de football en est la plus belle des illustrations. Alors pourquoi tant de haine ?
« Le régime tire sa légitimité non pas des urnes, explique Ahmed Ancer, journaliste à El Watan, mais d’une guerre de libération vécue par une minorité de la population. » Plus de 80 % des 35,6 millions d’Algériens sont nés après le 5 juillet 1962, date de l’indépendance, alors que l’écrasante majorité des dirigeants est issue de cette « génération FLN » qui a combattu la puissance coloniale. C’est à l’aune de ce décalage, voire de cette incompréhension, que la question de l’après-Bouteflika prend tout son sens. Après avoir monopolisé le pouvoir pendant cinquante ans, cette génération est-elle en mesure de préparer la transmission du pouvoir ? « La méfiance à l’égard des gouvernants n’est pas exclusivement d’ordre générationnel, estime Ahmed Ancer. Elle est aussi alimentée par le fonctionnement du pouvoir, où le népotisme sévit au détriment de la méritocratie. Conséquence : le système se régénère et la rente se perpétue. »
Tous pourris ? Assurément non. Mais quand la compétence n’est pas le principal critère dans le choix des hommes et de leurs promotions, la performance est plus aléatoire. Exemple : si les annonces de hausse des salaires déclenchent débrayages et sit-in, c’est que les écarts de revenus et les passe-droits parasitent le débat social, exacerbent les frustrations et radicalisent les revendications. Nabil, cadre dans une banque publique, nous l’explique à sa façon : « Je gagne 35 000 dinars [environ 370 euros] par mois. Pour les mêmes responsabilités, un cadre d’une banque privée gagne 140 000 dinars, soit quatre fois plus. Quand on gère des portefeuilles client sur lesquels les crédits se négocient en milliards de dinars, il est très difficile de résister à l’appel des sirènes de la tchipa [pot-de-vin, NDLR]. » Mais tel un poison à effet progressif, la corruption a sapé le moral des Algériens pour les entraîner dans une sorte de défaitisme collectif. Et ce quelle que soit la volonté du pouvoir de remettre un peu d’ordre dans la maison.
Multiplication des scandales
Le nombre d’élus et de hauts fonctionnaires sous les verrous (estimé à plus de 2 000), la multiplication de scandales financiers – comme celui de Sonatrach en janvier –, ou encore la tenue de procès retentissants comme celui de l’affaire Khalifa, en février 2007 – au cours duquel plusieurs ministres ont été entendus –, ne suffisent pas à rassurer l’opinion. Pis, cette succession de révélations alimente la grogne, voire la colère. Malgré tous les efforts en matière de transparence dans l’utilisation de l’argent du pétrole (près de 500 milliards de dollars – 400 milliards d’euros – auront été investis entre 2004 et 2014), les 10 milliards de dollars de transferts sociaux annuels (subventions des produits de première nécessité et soutiens aux catégories les plus fragiles de la population) et le recul incontestable de l’extrême pauvreté, les Algériens demeurent sceptiques. Et les jeunes, diplômés ou non, continuent à rêver de l’Australie ou du Canada.
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27.07.10
Afrique >> Somalia
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Deux semaines après le double attentat revendiqué par les Chabaab somaliens en Ouganda, l'Union africaine s'est saisie de ce dossier. Elle a promis de renforcer la force de paix en Somalie et de continuer à soutenir le gouvernement de transition.
Le terrorisme en Afrique continue d'occuper nombre des réunions qui se tiennent en marge de la 15e Assemblee de l'Union africaine (UA), qui s'est ouverte dimanche 25 juillet et doit se prolonger jusqu'à mardi 27 à Kampala en Ouganda.
La réunion à huis clos des pays de l'Autorité intergouvernementale de développement d'Afrique de l'Est (Igad), consacrée à la situation précaire en Somalie, s'est ainsi tenue, le 26 juillet au matin à Kampala, en présence des bailleurs de fond. Le sous-secrétaire d'État américain aux Affaires africaines, Johnnie Carson, le commissaire européen au Développement, Andris Piebalgs ou encore le directeur Afrique du Quai d'Orsay, Stéphane Gompertz, étaient présents lors des débats.
"Une Amisom plus robuste"
La communauté internationale a réitéré son engagement à combattre la progression des Chaabab et enrayer le terrorisme dans la région, après le double attentat perpétré à Kampala par le groupe armé afilié à Al-Qaïda.
« Nous ressortons de cette réunion avec une Amisom plus robuste, avec plus d'effectifs et plus de moyens », s'est satisfait Ramtane Lamamra, commissaire à la Paix et la Sécurité. « Les gouvernements américains et norvégiens se sont même engagés à aider directement, par de l'aide budgétaire, le gouvernement somalien, sur ce qui a trait à la reconstruction de l'État et aux services pour la population. C'est une decision politique importante, car nous avons perdu beaucoup de temps en étant obligés, jusqu'à maintenant, de passer par des intermédiaires. »
« Nous allons continuer à financer le gouvernement féderal de transition (TFG) et la force africaine », a confirmé l'Américain Johnnie Carson.Rappel à l'ordre
Le déploiement de 2 000 soldats supplémentaires - promis par les pays de l'Igad - au sein de la Mission de l'Union africaine en Somalie (Amisom), qui en compte pour le moment 6 100, devrait se faire « d'ici à quelques petites semaines », selon le commissaire africain. L'Ouganda devrait rapidement renforcer sa présence, et Djibouti pourrait également envoyer des troupes. La Guinée, par ailleurs, a promis d'envoyer un bataillon à l'Amisom.
Jean Ping, le président de la Commission de l'Union africaine, a declaré le 25 juillet que cette dernière pourrait prochainement compter 10 000 hommes.
Pendant la réunion de l'Igad, les chefs d'État de la région, à commencer par l'Éthiopien Mélès Zenawi et le Tanzanien Jakaya Kikwete, ont tout de même rappelé à l'ordre le président du TFG, Cheikh Sharif Ahmed, en l'enjoignant à mieux gérer l'aide extérieure et à mettre fin à la corruption qui gangrène le pouvoir transitionnel en place.
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