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Bonjour : Jeudi, 09 Septembre 2010
| RENCONTRE ANNUELLE DES CHEFS RELIGIEUX DU SÉNÉGAL : «Les musulmans sénégalais sont des pécheurs qui se réfugient derrière les confréries» |
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| Écrit par L'Observateur |
| Mercredi, 28 Juillet 2010 12:26 |
Le constat est unanime chez les chefs religieux du Sénégal, toutes confréries confondues, qui se sont donné rendez-vous ce lundi à Louga. Venus dans la capitale du Ndiambour dans le cadre de la rencontre annuelle des chefs religieux du Sénégal, initiée depuis 1958 par des Moukhadams connus pour leur piété et leur droiture, en l’occurrence Serigne Hady Touré de Fass, Serigne Abdou Aziz Sy «Dabakh» et Serigne Abass Sall, les fils et petits de ceux-ci ont fait un diagnostic des maux qui assaillent l’Islam au Sénégal et le comportement des Sénégalais qui se réclament musulmans.Il en est sorti de l’entretien que nous a accordé Serigne Mansour Sall, Khalife de Serigne Abass Sall à Louga, que l’Islam, au Sénégal, est en décadence. Rares sont les Sénégalais qui respectent les préceptes de l’Islam. «La plupart des Sénégalais ne savent pas ce que c’est que la prière. Pour ne pas dire qu’ils s’en fichent de la prière. Ne parlons pas des ablutions et autres, ils ne les connaissent pas. Ils prient occasionnellement», révèle le marabout. «Il ne faut pas se leurrer», prévient Serigne Mansour Sall. «Qui se dit musulman et ne prie pas, ne croit pas à l’existence de Dieu et à d’autres Dieu qu’Allah. Quelqu’un qui fait cela dans la théologie islamique, il est musulman, mais un musulman pécheur. Un autre constat : beaucoup de ces Sénégalais musulmans se réfugient derrière les confréries pour espérer se faire une «sainteté» et espérer voir leurs péchés absous. Un Sénégalais ne te dira jamais que je suis musulman, mais que j’appartiens à telle ou telle confrérie. «Les sectes religieuses sont des systèmes d’amélioration et d’encadrement des musulmans, mais pas un terminus. On y passe pour aller vers Dieu. A l’origine, c’était le rôle dévolu aux sectes religieuses», précise le marabout avant de demander aux talibés de ne pas considérer les chefs religieux comme des égaux, mais non plus comme des Dieux. Poussant leur réflexion, les chefs religieux présents à Louga ont évoqué la nécessité de changer le langage islamique dans le monde. «Le langage de l’Islam a été toujours limité à la théologie qui renseigne sur la façon de prier, d’adorer Dieu, comment respecter les préceptes de l’Islam. C’est démodé», dira le Serigne Mansour Sall. Voulant être plus explicite, le marabout soutiendra que changer le langage islamique, c’est améliorer et ajouter un autre langage qui touche la vie sociale, l’épanouissement de l’homme. C’est œuvrer pour améliorer les conditions socioéconomiques du musulman sénégalais. Lui faire voir son aptitude à s’insérer dans la marche du monde, sans complexe. Très préoccupés par la vie des musulmans sénégalais, Serigne Mansour Sy et ses frères musulmans n’ont pas manqué de jeter un regard sur le Code de la famille pour voir si on peut trouver quelque chose de plus adapté pour le musulman sénégalais. Car, soutient le marabout, Doctorant en Philosophie, dans le Code de la famille, il y a 74 articles qui sont en parfaite contradiction avec les lois islamiques. «L’Islam est un projet de société qui a son Code et sa Constitution. On ne peut pas, du jour au lendemain, fouler au pied ses principes. Ça demande un travail de réflexion qui doit se faire avec les chefs religieux», dira Serigne Mansour Sall, avant de préciser que ces derniers mêmes étant marabout, restent des citoyens respectueux des principes qui régissent la vie de la Nation et ses lois. «Nous demandons seulement qu’on nous consulte quand il s’agit des questions qui touchent la famille musulmane, sinon on va voir nos talibés prêcher autre chose. C’est ça que nous voulons éviter à nos gouvernements. Et c’est le sens même de ces rencontres annuelles qui enregistrent la présence de tous les chefs religieux du Sénégal, toutes confréries confondues», précise Serigne Mansour Sall, Khalife de Serigne Abass Sall à Louga. L'Observateur |





Le constat est unanime chez les chefs religieux du Sénégal, toutes confréries confondues, qui se sont donné rendez-vous ce lundi à Louga. Venus dans la capitale du Ndiambour dans le cadre de la rencontre annuelle des chefs religieux du Sénégal, initiée depuis 1958 par des Moukhadams connus pour leur piété et leur droiture, en l’occurrence Serigne Hady Touré de Fass, Serigne Abdou Aziz Sy «Dabakh» et Serigne Abass Sall, les fils et petits de ceux-ci ont fait un diagnostic des maux qui assaillent l’Islam au Sénégal et le comportement des Sénégalais qui se réclament musulmans.

